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LA THÉOLOGIE DU REMPLACEMENT DÉFAIT PAR UN SEUL MOT GREC DANS GALATES 6:16

La théologie du remplacement est devenue un terme un peu méprisé, même par ceux qui y adhèrent ! L’idée que l’Église a remplacé Israël semble grossière, même pour ses partisans. Des termes plus subtils tels que « supersessionisme » ou « théologie de l’accomplissement » sont généralement préférés, mais ils aboutissent tous au même résultat : dans les esprits, Israël est remplacé par l’Eglise, sans autre fonction ni rôle dans les plans de Dieu.

Cependant, il suffit parfois qu’un petit détail soit mis en lumière pour que notre compréhension d’une situation soit totalement bouleversée. Au cours des millénaires, les spécialistes de la Bible se sont creusé la tête sur des choses qui nous semblent évidentes avec le recul. Aujourd’hui, il ne nous est pas difficile de comprendre comment tous les habitants du monde peuvent être témoins d’un même événement de manière simultanée. Par exemple, L' »explosion des connaissances » et la grande « augmentation du nombre de voyageurs » dont parlait le prophète Daniel (Daniel 12:4) prennent tout leur sens avec le développement d’Internet et du transport aérien.

Et pendant plusieurs siècles, il a été extrêmement difficile pour les chrétiens de comprendre que le mot « Israël » dans la Bible pouvait signifier « Israël » comme une ethnie à part entière ou nation, puisqu’il avait apparemment cessé d’exister en tant que nation. Le peuple juif a été dispersé à travers le monde pendant deux millénaires, et il a semblé à de nombreuses personnes que les desseins de Dieu à son égard avaient pris fin. Les savants ont donc interprété la Bible à la lumière de leur compréhension, sans imaginer qu’Israël existerait à nouveau.

Mais depuis le rétablissement d’Israël sur sa terre en 1948, nous pouvons commencer à lire la Bible avec de nouvelles informations qui nous aident à comprendre ce dont Dieu parle lorsqu’il dit « Israël ». Les événements de 1948 ont présenté la possibilité surprenante que lorsque la Bible parle d’Israël, cela pourrait maintenant signifier littéralement – ISRAËL !

Depuis les premiers pères de l’Église, jusqu’à Justin Martyr en 160 après J.-C., les chrétiens ont considéré qu « Israël » signifiait en réalité « l’Église ». Même en 160 après J.-C., le peuple d’Israël avait été dispersé et le pays avait été rebaptisé « Palestine » pendant près de 100 ans, il est donc facile de comprendre comment cette hypothèse a été adoptée.

L’ERREUR DE LA THÉOLOGIE DU REMPLACEMENT

Mais essayez de lire Romains 9-11 et chaque fois qu’il est fait mention d’ « Israël », remplacez-le par le mot « Église ». Vous verrez très vite que cela n’a aucun sens.

Israël signifie réellement Israël, tant dans l’Ancien que dans le Nouveau Testament. Si le Nouveau Testament décrit souvent Israël et l’Église en des termes similaires – tous deux sont l’Épouse de Dieu, les enfants de Dieu, le peuple élu, et ainsi de suite – jamais le Nouveau Testament n’appelle l’Église « Israël ».

Le mot « Israël » apparaît 70 fois dans le Nouveau Testament (79 fois si l’on inclut le mot « israélite »), et dans tous ces cas sauf deux, il s’agit sans équivoque de la nation d’Israël, et non de l’Église – les deux cas exceptionnels étant Romains 9:6 et Galates 6:16. Autrefois, les gens se sont accrochés à Galates 6:16 comme un exemple de la possibilité qu’Israël puisse signifier l’Église, mais examinons ce verset…

Galates 6:16 dit : « Paix et miséricorde sur tous ceux qui marchent selon cette règle, sur l’Israël de Dieu » (RSV) ou « Paix et miséricorde à tous ceux qui suivent cette règle, à l’Israël de Dieu ». (NIV).

Mais si nous examinons ce que le texte dit réellement dans sa version originale, ces traductions ont « oublié » un mot grec clé :

καὶ ὅσοι τῷ κανόνι τούτῳ στοιχήσουσιν, εἰρήνη ἐπ᾽ αὐτοὺς καὶ ἔλεος, καὶ ἐπὶ τὸν Ἰσραὴλ τοῦ θεοῦ.

Traduit littéralement : Et tous ceux (qui) à la règle ceci seront élémentaires (observant les principes fondamentaux), paix sur eux et miséricorde, et (aussi) sur l’Israël de Dieu.

En d’autres termes, même si le texte grec indique que Paul prononçait la paix et la miséricorde aux adeptes du Chemin ET AUSSI à « l’Israël de Dieu », ceux qui traduisaient le texte ont décidé que cela ne pouvait pas signifier que Paul voulait bénir la maison d’Israël ainsi que les adeptes païens de Yeshoua. Ils ont choisi une manière beaucoup moins répandue de comprendre la grammaire, et ont décidé de mettre les deux dans le même sac, sans distinction. Bien qu’il ne soit pas techniquement incorrect de traduire de cette manière, il y a de nombreuses raisons de s’en tenir au sens standard du mot grec « καὶ » pour signifier « et » ou « aussi », qui est beaucoup plus courant.

LE GRAND PROJET DE DIEU POUR LES JUIFS ET LES PAÏENS.

Si l’on examine le contexte de la lettre de Paul aux Galates, on constate qu’il insiste sur le fait qu’il n’est pas nécessaire pour les païens d’être circoncis ou de suivre la loi de Moïse, mais que le salut passe par Yeshoua seul, tant pour les Juifs que pour les païens. Toutefois, cela ne signifie pas que Paul ne voit aucune distinction entre les Juifs et les païens, comme un coup d’œil rapide sur le reste de ses épîtres vous le confirmera. Il n’y a pas d’homme ou de femme, dit-il – et il veut dire par là que les hommes et les femmes ont le même statut à travers Yeshoua. Mais bien sûr, une distinction demeure à d’autres égards. Dans la même logique, Paul parle à plusieurs reprises de l’Église et d’Israël comme d’entités distinctes. Ils ne se confondent pas, et rien ne prouve que l’Église primitive ait mélangé les deux entités avant l’an 160 de notre ère.

Arnold Fruchtenbaum, spécialiste de la Bible, écrit que les personnes qui prétendent qu’Israël signifie l’église « doivent ignorer le sens premier de kai qui sépare les deux groupes dans le verset afin d’en faire le même groupe »[1], et le Dr. S. Lewis Johnson, qui a enseigné le grec et l’exégèse du Nouveau Testament au Dallas Theological Seminary, croit que « le point de vue le moins probable parmi plusieurs alternatives est celui selon lequel « l’Israël de Dieu » est l’église »[2].

Pendant des siècles, les spécialistes de la Bible n’ont pas compris que le terme Israël pouvait véritablement désigner la nation d’Israël, ou du moins les milliers d’Israélites qui étaient « de Dieu », et ils ont considéré que l’Église avait remplacé Israël.


D’une certaine manière, il est vrai que la nation d’Israël est un « type » d’église… une préfiguration du peuple de Dieu, juif et païen ensemble. Nous pouvons voir dans le langage de Paul tout au long des épîtres qu’il cherche à encourager les croyants païens à savoir qu’ils sont tout autant « le peuple de Dieu » que les Israélites l’ont toujours été, et qu’ils ne comptent pas moins pour Lui. Il établit délibérément des parallèles avec Israël et les nouveaux adeptes païens du Chemin, montrant les similitudes. Mais nous savons aussi que Moïse était un « type » du Messie, envoyé pour sauver le peuple juif, et en aucun cas nous ne dirions qu’il est la même personne que Yéchoua lui-même. En fait, nous voyons les deux se tenir en même temps sur le Mont de la Transfiguration !

L’un ne remplace pas l’autre, même si l’un préfigure l’autre de manière typologique.

De même, dans l’Apocalypse, nous voyons les tribus d’Israël ainsi que toutes les nations, tribus et langues, adorer Dieu à la fin des temps. Et bien sûr, le Messie reviendra à Jérusalem. Jérusalem en Israël. Israël est Israël, jusqu’à la fin.

Dieu n’a pas de favori, mais il a un plan. En faisant l’impasse sur la distinction entre Israël et l’Église, nous risquons de passer à côté de beaucoup de choses lorsque nous lisons les Écritures. Dieu veut que nous le connaissions mieux, que nous partagions son cœur pour Israël et que nous comprenions ses plans pour Israël par rapport au monde entier. Il veut que nous grandissions continuellement dans notre compréhension de ses desseins, rachetant toute la création à lui-même. Voir Israël comme signifiant « Israël » lorsque nous lisons la Bible apporte un tout nouveau niveau de révélation sur notre merveilleux Dieu et sur la manière dont il déploie son plan parfait pour nous tous.


[1] Dr. Fruchtenbaum’s paper “Replacement Theology and the Epistle of First Peter” for Ariel Ministries, p.13
[2] S. Lewis Johnson Jr.,  “Paul and ‘Israel of God’, An Exegetical and Eschatological Case-Study” p. 3

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